Je me reconnais assez dans ce que tu dis,
@Alavanille Dans le quotidien j'estime avoir une bonne hygiène, et je trouve important d'être propre au sens de "entretenir son corps" : quelque part, si on se brosse les dents c'est pas pour qu'elles soient plus belles, c'est pour qu'elles restent plus longtemps en bon état.
Mais je réfléchis beaucoup sur notre rapport, en tant que société, avec les choses de la vie. Les odeurs, les fluides, l'inconfort. C'est une réflexion très globale, qui part notamment du fait d'avoir le vélo comme moyen de transport principal : je fais 10 km de vélo matin et soir pour aller au taf, quelle que soit la météo, et même si je ne transpire pas beaucoup, il m'arrive d'être humide en arrivant. Et je ne me douche pas en arrivant au travail, ni nécessairement le soir en rentrant. De la même manière, quand j'ai pris la pluie, il peut arriver qu'il y ait des odeurs d'humidité émanant de mes habits. Je ne suis pas la seule collègue à avoir ce fonctionnement et de manière générale on est plutôt ok avec ça. Je pense que vouloir supprimer à tout prix les odeurs est illusoire et qu'il y a toujours des odeurs, parce qu'on est des corps qui fonctionnent, et que les corps font ça. Evidemment il y a du trop, et même si je m'exerce à accepter les odeurs des autres il y a des gens qui dépassent ma limite. Et même si je ne suis pas encore confrontée au sujet parce que mes enfants sont petits, je n'aurais pas de souci je pense à dire à mes enfants d'aller se laver s'ils sentent trop. Je le fais déjà avec mon conjoint.
Mais sur le "normal business", je pense qu'il y a dans notre société un degré d'inacceptabilité des contraintes naturelles qui me semble un peu exagéré. J'apprends à accepter les odeurs corporelles normales des autres comme j'apprends à accepter d'être à vélo sous la pluie ou de nettoyer le vomi de mes enfants. C'est la réalité du corps, en fait.
C'est assez corrélé pour moi à une démarche écolo : je me dis que jusqu'à ses 14 ans, ma mère n'avait pas l'eau courante chez elle. Elle se lavait quand même, mais évidemment d'une autre manière et bien moins fréquemment que moi maintenant. Pour autant, est-ce que je dirais qu'elle était crado à l'époque ? Non, je ne pense pas. J'ai envie de penser qu'il est possible de garder un niveau de propreté médicalement acceptable (au sens qui ne nous met pas en risque démesuré de maladies) en consommant moins d'eau, d'énergie.
Dans le même genre, mes enfants vont à l'école avec des fringues tachées assez souvent. Pas des grosses traces de bouffe, mais un peu de terre ou de feutre, ben oui. Parce qu'en même temps même si je les change tous les matins, en 3 secondes 2 ils sont re-tachés et je ne veux pas les empêcher de vivre leur vie d'enfants juste pour l'apparence. Et puis j'ai de grands amateurs de trous dans la terre alors si je veux les garder propres il faut que je leur interdise de sortir, ce qui est totalement contre mes souhaits éducatifs.
Si besoin de le préciser, chacun fait bien comme il veut. C'est juste ma démarche perso, un genre de tentative de diminuer ce qui ne me semble pas purement essentiel et qui me permet de limiter mon empreinte sur la nature.