@Caillou Maman de garçon ici, et qui s'est beaucoup
beaucoup interrogée sur le sujet.
J'ai au moins trois trucs axes de réflexions
1) les filles sont des copains comme les autres

Elles n'ont rien de particulier. S'il veut en inviter à son anniversaire, ce ne sont pas des amoureuses potentielles, c'est des amies et c'est normal d'avoir des amies
D'ailleurs j'ai fait attention mine de rien que les héros de ses livres soient des filles, des garçons, des enfants non blancs (et beaucoup de souris et autre lapins aussi

)
2) il faut ouvrir les possibles. Toujours ouvrir des espaces possibles. Dire "oui c'est vrai les garçons font souvent X mais bon, ils peuvent aussi parfois faire Y". Je me rappelle très bien le jour où mon fils, pourtant très "petit garçon" (à part ses cheveux longs) a appris que le fils d'une amie aimait se déguiser en Elsa pour les anniversaires. Il m'a demandé
-Mais on
peut ?
Avec des yeux brillants de joie. Pourtant lui n'a jamais voulu le faire mais je crois que ça lui a fait vraiment plaisir de savoir que cette liberté existait
Plus tard, il m'a demandé une jupe. Il l'a mise une fois à la maison et basta. J'ai cru que ça n'avait servi à rien, jusqu'au jour où il m'a raconté qu'il s'était pris de bec avec sa maitresse qui avait décidé qu'un perso dessiné sur un exo était une fille parce qu'elle avait une jupe
-Les garçons peuvent mettre des jupes ! Moi j'en avais une
-Mais tu ne la mettais pas
-Ben si !
-Mais pas à l'école
-Mais j'aurais
pu si je voulais ! Et puis ya des pays où les messieurs mettent des jupes
Bref, ça l'avait marqué en fait
En gros, j'essaie vraiment d'éviter les généralisations.
3)regarder quelles qualités a le petit garçon qui ne sont pas estampillées "masculinesd", ou en tous cas pas masculinité toxique, et les favoriser
Mon fils a parlé très tôt, ce qui est plutôt vu comme féminin, et on a favorisé ça. Et on en a profité pour beaucoup parlé des émotions, et ce assez tôt
Il est aussi très empathique: on favorise ça et on en profite pour lui apprendre à se mettre à la place des personnes discriminées. Il est très à cheval sur le racisme et le sexisme.
Il aime aussi à mort les trucs de super héros : c'est super masculin mais si tu mets en avant non pas le fait que les super héros sont trop forts mais que c'est bien parce qu'ils
aident les autres, ils mettent leur force au service des autres, ça peut donner un beau mélange de qualité féminine et masculine
La question des jouets, je pense que c'est en partie un faux combat. C'est bien et important de leur proposer des poupées ou autre, mais la question c'est aussi comment ils jouent avec. Mon fils n'a jamais voulu de poupées mais il joue avec ses klorofils, super héros et légos en racontant une tonne d'histoires pleine d'imagination. Ce qui est un mode de jeu souvent plus constaté chez les petites filles. Et je trouve ça top, je préfère ça que de le voir organiser des combats de poupées

Puis comme il aimait les jeux d'imitations et cuisiner avec moi, il a eu une cuisine au lieu d'un établi. Il n'a jamais considéré que c'était pour filles, et on a jamais fait de réflexion dessus
Il a toujours aimé les petites voitures, les figurines de super héros et les jouets estampillés garçon mais pour moi le but n'est pas de le brider là-dessus.
Par contre, j'ai donc favorisé beaucoup les jeux d'imagination, parce que je pense que c'est un contre-poids discret aux trucs trop genrés favorisés par l'école
Par contre j'avais entendu un podcast il y a quelques années qui m'avait interpellé. Ils y parlaient de deux types de parents de petits garçon
-ceux qui sont pour l'égalité et qui font en sorte de simplement traiter filles et garçons de la même manière sans avoir d'action corrective pour équilibrer le fait que la société va pousser leurs garçons à prendre plus de place, à être plus dans la colère que la tristesse etc
-les parents qui entreprenaient ces actions correctrices
Ca m'avait agacée car je me voyais dans la catégorie 1, et que je sentais que le podcast désapprouvait cette catégorie mais que mon opinion était que mon but de parent n'est pas de brider mon fils non plus.
Sauf que depuis, il a grandi et je vois de plus en plus les effets de la société sur lui. Et du coup, je commence à entreprendre des actions correctrices. Pas en le bridant lui pour le moment, mais en lui
expliquant. Je lui raconte que la société à tendance à dire que c'est normal que les garçons fassent plus de bruit, mais que du coup les garçons se rendnet pas compte qu'ils coupent la parole aux filles par exemple.
Ou je suis d'autant plus intransigeante sur la participation aux tâches ménagères, sans doute plus que si j'avais eu une fille
En tous cas, ça avait nourri ma réflexion
"What was lost in the collapse ? Almost everything, almost everyone. But there is still such beauty" (Station Eleven)
"Hate is always foolish, love is always wise" (the Doctor)