Salle des profs

Répondre
Avatar du membre
Magda

@Nahasia
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.
"C'était ainsi quand j'ai eu dix ans : en dehors de ma tête, rien que des ennuis, dans ma tête, rien que des miracles."
Avatar du membre
Kako

Je confirme qu'avoir l'agrégation ne garantit pas moins d'heures, surtout au collège, ça fait 3 ans que j'y suis, j'ai toujours fait au moins 18h. Mais la paye n'est pas la même.

Ici, les dernières nouvelles ne m'aident pas à envisager un avenir radieux dans l'EN.
Je suis en lettres classiques, autrement dit une espèce en voie de disparition. Je voudrais retourner en lycée. Dans la ville la plus proche, jusqu'à présent il y avait 3 lycées avec des postes de LC. L'un des lycées de centre ville ferme l'option latin à la rentrée. Dans les autres, les effectifs sont minuscules, et les postes bien occupés.
La deuxième grande ville la plus proche est à 1h de voiture de chez moi.
Dans mon collège, ma cheffe m'a prévenue que je devais m'attendre à une diminution de mes heures de latin dans les années qui viennent, si je reste. Si je pars, elle transforme le poste en Lettre Moderne.

Je me sens à la fois coincée et poussée vers la sortie. C'est fun...
Mais un jour, il faudra bien faire quelque chose de nous, profs de LC, quand nous n'aurons plus de postes...
Avatar du membre
Magda

@Kako C'est la même chose en LC dans mon académie et ça fait plusieurs années que les collègues ne peuvent plus du tout muter : à chaque départ, le poste est fermé ou transformé en LM. C'est insupportable...

Par contre nous on manque d'heures donc les agrégés peuvent vraiment être à 15h... Mais bon ça dit à quel point on perd des heures.
"C'était ainsi quand j'ai eu dix ans : en dehors de ma tête, rien que des ennuis, dans ma tête, rien que des miracles."
Avatar du membre
Nymphetameen
Localisation : Bzh
Contact :

Ah la la, vous lire me donne encore plus envie de me casser au plus vite. J'ai les memes réflexions que toi @Magda , au mot près. Moi aussi j'ai peur de vieillir dans ce boulot, moi aussi j'ai peur de finir par le détester, de devenir folle face à mes cahiers, j'ai peur aussi de devenir aigrie avec l'insititution et de ne meme plus trouver le plaisir de m'amuser en classe avec l'age :sweatdrop:  Haha. C'est bien joyeux. Je n'ai aucune piste de reconversion, mis à part de compter sur le seul salaire de mon mec (qui est encore plus désabusé que moi) pour devenir écrivaine à plein temps (alors que même à temps partiel je n'envoie aucun de mes romans à l'édition :yawn:  c'est ridicule). BREF. Moi aussi j'ai envisagé de retourner en psycho (j'ai un M1 mais avec le nouveau système de postbac, il ne compte pas et il faut retourner en L3, j'ai essayé de postuler au master distanciel de Paris 8 et j'ai pas été prise car mes notes de 2012 étaient trop basses, yay) (aucune envie de me retaper 3 ans d'études que j'ai déjà faites, merci bien). Quand je vois comment vit mon meilleur ami, psychologue à Toulouse, ça ne me fait pas franchement fantasmer non plus donc j'ai pas poussé le projet plus loin. J'ai pas d'idées. Mais je vais écouter le podcast @MamzelleOups !
"J’étais un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets."

Koala (11/2019)
Loupiote (01/2022).

J'écris des trucs ici.
Avatar du membre
Nahasia

@Magda, @Kako et @Nymphetameen 
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.
Avatar du membre
Judith

C'est drôle, je fais le chemin inverse.
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent voir ce contenu.
Avatar du membre
Judith

Je DP mais :

Je ne sais pas quelle sera l'issue de ce concours mais je ne regrette pas d'être partie. Je souffrais beaucoup de la représentation de ce métier auprès du grand public et je sais qu'il est encore (d'autant plus) malmené aujourd'hui. J'ai cependant pu exercer d'autres boulots durant ces deux ans et je peux affirmer que : oui, le métier de prof est fatiguant et exigeant. Je sais que j'enfonce des portes ouvertes mais très honnêtement je finissais par être convaincue que j'exerçais un métier de grande privilégiée avec les vacances, les avantages, blabla. Je n'ai jamais été aussi peu fatiguée que depuis que je suis partie. J'ai pu travailler pendant neuf mois sans vacances, en faisant des trajets dans toute la France, avec des tâches plus physiques, sans que cela se ressente. Alors bien sûr je ne travaillais pas à l'usine non plus, j'avais envie d'avoir des vacances mais ce n'était pas vital comme avant. 

J'ai repris des études en librairie pendant une année. Il y avait de bons professeurs mais la plupart venaient avec.. rien, littéralement, comme contenu de cours. :eh2: C'était 5 minutes de blabla et 45 minutes de travaux de groupe. :bomb: La plupart étaient des intervenants, des professionnels mais cela m'a mis dans une rage folle. Moi, je n'avais jamais l'impression d'en faire assez, je ne me sentais jamais assez bien dans ma pratique et en voyant ça, je me suis dit que je laissais ma place à des personnes de ce type-là, moins consciencieuses, peu investies. J'étais révoltée durant toute cette année. 

Tout ça pour dire : vous faîtes un super métier, exigeant, éreintant et le fait que vous vous questionniez sur votre investissement prouve que vous êtes des professeures très investies. :fleur:

Edit : je me relis et je me demande bien pourquoi je veux y retourner :yawn: mais je suis comme vous, j'envisage un retour pour un temps, je ne me vois pas faire de vieux os dans le métier ou pas sans évolution. J'envisage plutôt ce retour comme un tremplin vers autre chose (mais vers quoi ? :yawn:)
Avatar du membre
Natylia

C'est intéressant vos réflexions et retours... Je me rends compte que depuis que j'ai repris à plein temps, j'essaye de prendre plus de recul (spoiler, ça ne marche pas toujours) et je sens bien que je ne suis pas la meilleure prof du monde, mais je fais mon boulot et les élèves ont cours (pas comme quand je n'étais pas remplacée...) et le minimum nécessaire est fait. Quand je peux, j'en fais plus, mais sinon tant pis.
Bon, là ce qui me prend le plus la tête c'est les copies, j'y passe de plus en plus de temps et j'ai l'impression de ne pas du tout être efficace... Bref, on fait ce qu'on peut, c'est toujours mieux que rien !
Avatar du membre
Judith

@Natylia : mais c'est super de raisonner comme ça. Il vaut mieux en faire moins et être là, présente pour les élèves plutôt que de s'épuiser sur tous les fronts. Je ferai exactement comme toi si j'arrive à revenir. Et je le répète : avoir cette réflexion-là signifie que tu es une super prof même si selon toi, tu fais le minimum. Les profs nuls ne se posent pas de questions. :lol:

Bon allez, je file et je reviendrai lundi. :happy:
Répondre